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PAROISSE DE BEAUNE

L'APPEL À LA SAINTETÉ

 

 Le Pape François vient de publier une encyclique sur la SAINTETÉ. Dans le langage courant, on identifie la Sainteté avec la Perfection. Il est vrai que dans beaucoup de vie de saints, le jeune qui va être canonisé n’a aucun défaut, prie intensément déjà tout petit, a bon caractère et ne pose aucun problème de discipline à ses parents et à ses éducateurs. Et si par hasard, il avait fait quelques faux pas, on insistait beaucoup sur ceux-ci de manière à montrer combien il avait été courageux de ne plus retomber définitivement dans ses travers. Bref, on montrait un exemple admirable impossible à imiter pour des baptisés normaux qui font tout le mieux possible mais qui n’y arrivent pas toujours. !

 

Cette exhortation apostolique sur "l’Appel à la Sainteté dans le monde actuel" comporte cinq parties :

 

1/ l’appel à la Sainteté

 

2/ les ennemis  de la Sainteté : un Dieu sans esprit et sans chair, une volonté humaine sans humilité (c’est-à-dire gnosticisme et pelagionisme)

 

3/ aller et marcher à la lumière du Christ

 

4/ quelques caractéristiques de la Sainteté dans le monde actuel

 

5/ la vie chrétienne comme combat, vigilance et discernement.

 

Voici ce que le Pape François nous invite à vivre. Il se trouve qu’à l’audience du mercredi 11 Avril dernier (à laquelle participaient les cinquante jeunes de notre diocèse dont une trentaine de Beaune), il a rappelé le baptême comme fondement de la vie  chrétienne et nous  a suggéré de fêter aussi fortement la date de notre baptême que celle de notre anniversaire. Et le baptême est la première étape de la Sainteté !

 

 Ce n’est donc pas un traité sur la sainteté que le Pape nous propose mais des réflexions qui nous aideront à vivre à 100 % notre baptême.

 

Le premier chapitre s’intitule "L’Appel à la Sainteté" où le Pape nous rappelle que la sainteté n’existe pas seulement sur les autels, mais chez ceux qui sont "de la porte d’à côté", la "sainteté moyenne" comme il l’appelle. C’est l’attitude de ceux qui aident, soulagent, aiment, rendent service sans que cela ne soit publié.

 

Il ne faut donc pas se décourager quand on lit ou voit des modèles de sainteté qui nous semblent inaccessibles. Le Seigneur ne cesse d’appeler. Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être prêtre, religieux ou évêque ! Même si pour ces derniers, la sainteté n’est pas facultative.

 

Il suffit de laisser les grâces du baptême faire leur chemin, d’ouvrir son cœur au Seigneur. L’Église est appelée toute entière à la Sainteté et cette dernière n’enlèvera pas à ceux qui la vivront ni les forces ni la joie !

 

La Sainteté s’accomplit par de multiples petits gestes de la vie quotidienne. Et c’est dans l’activité pour les autres que réside la Sainteté de toute une vie.

 

Dans cette première partie, le Pape nous invite à nous laisser guider par l’Esprit Saint et de vivre dans la joie et le bonheur de servir Dieu et les autres.

 

Les ennemis  de la Sainteté : le Pape voit maintenant deux ennemis subtils, mais d’une "préoccupante actualité", à la Sainteté. Ce sont des déviations (des "hérésies") apparues dans les premiers siècles de l’Église, mais qui sont encore bien présentes dans notre 21ème siècle débutant.

           

Le gnosticisme

            C’est prétendre expliquer la foi chrétienne avec seulement l’intelligence, avec la seule force du raisonnement, avec la logique  froide de la déduction. Il ne s’agit pas de dévaloriser l’effort intellectuel qui consiste à comprendre sa foi, ceci est pleinement chrétien, mais la foi chrétienne ne se résume pas à un corps de doctrine, à un livre d’enseignements ou de dogme. La foi chrétienne est une rencontre avec le Christ ; elle est une adhésion profonde de tout notre être, y compris de l’intelligence, et non un manuel scientifique qui nous donnerait exclusivement les connaissances.

           

Le pélagianisme

            Cette déviation, dont le nom est tiré de la doctrine d’un moine irlandais qui vivait au temps d’Augustin, c’est-à-dire au 5ème siècle, met trop l’accent sur la volonté humaine, sur les propres forces de l’homme. L’homme est-il sauvé par ses propres œuvres, à la force du poignet, ou bien a-t-il besoin de l’aide de Dieu pour seconder, féconder et soutenir ses efforts ? Les pélagiens sont partisans de la première proposition, les chrétiens de la seconde.

 

Donc, la sainteté n’est ni réservée à ceux qui seraient les plus intelligents (cf. gnosticisme), ni à ceux qui seraient les plus forts (cf. pélagianisme). Elle est offerte à tous. Parce que l’on croit au Dieu de Jésus-Christ, on comprend mieux qu’Il est Amour. Parce qu’on sait qu’on est limité, on a besoin de l’aide de Dieu, de sa grâce, pour réussir sa vie.

           

C’est aussi simple que cela !

 

La troisième partie du texte du Pape François nous fait suivre le  chemin des Béatitudes. Il résume cela d’une phrase : « Comment être un bon chrétien ? ». La réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des Béatitudes § 63. Le Pape nous rappelle qu’accepter chaque jour le chemin de l’Évangile, même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la Sainteté.

 

Et vous vous en doutez, le grand critère de la Sainteté, c’est la charité. Et le Pape cite le chapitre 25 de Matthieu : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

 

La charité, la miséricorde ne doivent pas être vécues en les coupant de leur source, le Christ avec lequel chaque chrétien entretient une relation personnelle et ce domaine est tout sauf superficiel. Ce n’est ni une invention du Pape ni un caprice de sa part. L’accueil de l’autre tel qu’il est pour le rendre plus heureux est un authentique chemin vers la Sainteté.

 

Nous pouvons à la fois relire les Béatitudes et le texte de Matthieu ch. 25 et lire cette troisième partie de l’Exhortation Apostolique du Pape. Cette lecture nous permettra de nous rappeler que le but de la Sainteté de rendre les autres heureux et de le devenir par la même occasion.

 

La dernière partie de l’Exhortation Apostolique du Pape François fournit quelques caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel.

 

Que trouvons-nous dans notre société ? De l’anxiété qui disperse et affaiblit, de la tristesse qui provoque négativité et consumérisme, de l’individualisme et de fausses spiritualités qui se passent de Dieu et veulent l’oublier.

 

Que propose le Pape ? De la patience et de la douceur, de l’humour, de l’audace et de la prière. Irréaliste ? Pas sûr, car depuis que le monde est monde, c’est-à-dire depuis Dieu Lui-même, ces recettes ont fait leurs preuves.

 

Le Pape rappelle que la vie chrétienne – et donc la sainteté – est un combat permanent et que les chrétiens ont à faire preuve de vigilance, de discernement et de confiance en l’avenir.

 

Cette dernière partie nous exhorte à l’action et rejoint un très ancien texte d’Église des 2ème/3ème siècles « L’épître de Diognète» qui disait : "Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont pour le monde et leur place est si belle qu’ils n’ont pas le droit de la quitter."

           

Demandons à Marie, que lundi pour la première fois nous fêterons à la Montagne sous le vocable de "Mère de l’Église", de nous porter dans ses bras et, tout en nous gardant sur la terre pour témoigner, d’élever nos âmes vers son Fils.

 

Père Yves FROT